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NOTRE AVENIR EUROPÉEN?

SENS UNIQUE, FEU ORANGE, SABLES MOUVANTS ?

Notre précédent article s'intitulait : "L'Europe en Feu", concluant une année de rupture avec la croissance, les convulsions de l'euro et les perspectives de rigueur. Qu'en sera-t-il de 2012, année où ladite rigueur – unilatéralement décidée - prendra son plein effet par dizaines de milliards d'euros?

Illuminations à peine éteintes, fêtards encore pâlots, voici que les politiques confisquent nos écrans en prime time. À l'heure où nous souhaitons nous détendre, les candidats montent au créneau, bardés de leurs vérités incontournables. Rien du passé ne trouve grâce aux yeux de ces messies! Seule leur vision du futur balayera un passé calamiteux pour un avenir porteur de prospérité! Tous assènent leurs propositions telles des potions magiques que le citoyen lambda pourrait ânonner sans risque d'erreur : "relancer la croissance, protéger l'emploi, résorber le chômage, rembourser les dettes, assurer la justice sociale"... et patati, et patata...

Ouiche! Ruisseau tari, mais clé du problème, l'euro n'inondera pas pour autant les caisses de ces prestidigitateurs. Chantres du futur, ceux-ci se font tout à coup elliptiques dès lors que la question du "comment" se pose. Seule importe la victoire des urnes! Après.... après, les sondages retomberont à l'aune des déceptions que les élus auront provoquées. Mis au pied du mur, ces théoriciens du "welfare" n'auront d'autre parapluie que les casseroles du passé et un présent imprévisible. Mais gouverner, n'est-ce pas prévoir? "L'amour rend aveugle, l'ambition aussi!"

Pour satisfaire leur appétit de pouvoir, les aspirants recourent sans vergogne à la recette éculée du "rassemblement"! Tous, sans exception, veulent rassembler tout en jetant l'anathème sur leurs adversaires. "Si vous n'êtes pas contre, vous êtes pour..." Tous invoquent l'indispensable consensus, mais n'opposent d'arguments que conflictuels, précipitant ainsi le déclin qu'ils prétendent enrayer.

À gauche, comme à droite, la machine bien huilée fonctionne visant le "pouvoir ambition" non, son antipode, le "pouvoir service". Si le premier finit par user, le second n'offre ni ors, ni honneurs... Par contre, tous deux s'affirment les serviteurs de la "Démocratie", cette chère vieille dame que chacun honore à sa façon.

L'Europe politique n'échappe pas à la règle. N'a-t-elle pas inscrit la "Démocratie" en lettres d'or dans sa constitution? Électeurs, nous aurions voulu y croire, pourtant déçus parce que détrompés dans un récent passé. Quatre référendums nationaux ont été envoyés aux oubliettes comme les élections qui déplaisent parce que non conformes aux attentes des instances dirigeantes? Ah, ce pouvoir, détenteur éclairé de notre avenir... à géométrie variable. Aux tirades enflammées des eurolâtres ont succédé des discours menaçants - rigueur, sanctions, interdits - doublés de rigidité technocratique. Certes, les temps appellent à un retour sur nous-mêmes, notre niveau de vie, notre place dans le monde tandis que refont surface les vieux démons: aspirations nationalistes, identité culturelle, protectionnisme commercial. Après avoir prêté - sous forme de financement - l'argent pour de multiples projets, l'Union européenne menace aujourd'hui de sanctions les Etats membres trop emprunteurs! Au passage, notons que les lourdes amendes prévues ne feront jamais qu'aggraver les déficits desdits états. Quid des responsabilités à sens unique - du haut vers le bas - qui, pourtant, semblent partagées? Aucun tribunal ne décidera.

Démocratiquement, les autorités européennes devraient en référer aux citoyens pour décider de leur avenir. Bizarrement, le sujet semble frappé d'interdit, occulté par les seules considérations nationales lors des appels aux urnes. Pourquoi les "Hauts Dirigeants" se préoccuperaient-ils de démocratie, malgré leur mauvais bilan, la déchirure monétaire et l'opposition croissante? Ils ont des alliés inconditionnels : la ratification parlementaire, la discipline de parti et les postes rémunérés à prix d'or garantissant l'accord des organes de décision.

Non contents, loin de consulter leurs mandants (les citoyens lambda), les "Hauts Dirigeants" - échaudés par les référendums - concoctent en catimini et à coûts exorbitants une Europe autocratique avec un nouveau Président, de nouvelles ambassades, le "European External Action Service" (concession anglophile du fragile tandem franco-allemand?) et un "Haut Ministre des Finances" en gestation, sans exclure des secteurs plus discrets tels: Justice, Santé... prometteurs de "Hautes Fonctions".

La conclusion s'impose d'évidence : de moins en moins de souveraineté pour les États membres (quid du problème constitutionnel?) et un pouvoir nul des électeurs de base, pourtant les mandants. Faute d'être clairement précisé,

- plus d'Europe
- statu quo provisoire
- moins d'Europe

le mandat européen des élus nationaux n'est-il pas caduc? Aux juristes de décider!

Mais la réalité s'impose! L'Union européenne est coupée en deux, la crise de l'euro inquiète aggravée par la récession, et les banques sont fragilisées. Faut-il craindre une menace sur l'épargne des citoyens, garantie de la dette souveraine des États?

Nous n'enrayerons le déclin de la vieille Europe
Qu'avec le consensus de tous
Dans un équilibre délicat entre rigueur et relance
Souhaitons à nos dirigeants de nous en donner acte
Et d'agir en ce sens
Pour affronter l'année 2012 et ses périls.

L'Europe?
Autoroute? Feu orange? Sens unique?
À nous de décider!

G.THIBEAUX

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